Mercredi 3 octobre 2007
3
03
/10
/Oct
/2007
15:07
La suite de l'article précédent: malgré mon déménagement qui se met en route; vous pouvez vous imaginer que je n'ai pas beaucoup de temps - j'ai beaucoup d'affaires ! Mais salutations de la
montagne de MOI!
Sur les photos précédentes vous voyez des Suisses d'origine, comme ils étaient depuis toujours, des montagnards, solides, prudents, parfois
aussi un peu roublards, aimant la nature, la montagne, les beaux paysages mais aussi conscients des dangers de cette nature qu'ils domestiquent afin de pouvoir y vivre en sécurité autant que
possible car l'homme peut si peu lorsque les éléments se déchaînent (nous l'avons trop bien vu cette année encore!! Inondations, sécheresse, incendies...). La vie était rude, les hivers longs, la
Suisse était un pays pauvre et d'émigration encore au début du siècle et il n'y avait que quelques villes prospères comme Zürich et Genève - ville de foire par excellence depuis
longtemps.
Encore tout dernièrement j'ai remarqué une pancarte lors d'une de mes promenades à la montagne indiquant combien de vaches et de veau pouvaient pâitre
sur cette praire particulière afin que l'herbe puisse repousser suffisamment pour le troupeau l'année d'après!!
Tout était calculé pour la survie, l'eau, le bois, la chasse etc... car les villages étaient forcément coupés les uns autres
durant les longs mois d'hiver et se devaient d'être auto-suffisants.
Ce sont les bases de la mentalité suisses, l'indépendance de décision de chaque commune pour cause de survie des villages, l'exploitation juste des ressources
après discussions entre tous les habitants dans un esprit de solidarité et d'équité par rapport à chacun car il n'y a pas de nobles , tous étant égaux. Bien
évidemment il y a une bourgeoisie de mérite, d'ancienneté mais elle aussi possède le même esprit de solidarité sur laquelle sont basés tous les rapports humains car tout et tous
sont interdépendants,
le cantonnier qui nettoye les rigoles du ruisseau afin que l'eau potable coule au village ou même soit rdistribuée entre plusieurs villages, équitablement du point de vue
approvisionnement aussi bien que du travail fourni, est tout aussi important que le grand fermier du coin terrien apte à prendre la responsabilité d'un chef, car il faut un chef dans toute chose,
désigné d'un accord commun à main levée des concitoyens. Toutes ces choses sont les bases de la démocratie Suisse qui remonte, dans son esprit, au 13ème siécle! À cette époque ces rudes
montagnards se sont révolté contre le pouvoir des Habsbourg qui voulaient gérer leurs affaires depuis la lointaine Vienne!
Je vous parlerai encore d'un histoire écrite par un célèbre écrivain suisse dont je ne me souvient plus du nom qui parle d'un village isolé comme tant d'autres dans les
Alpes, coupé du monde durant les longs, rudes hiver. Le "sage " de ce village avait décrété que
le soleil ne se lèverait plus tel jour et que le monde serait plongé dans l'obscurité totale, plus rien ne pousserait, bref, que ce serait la
fin du monde!!
Tous les habitants du village portant foi à sa prophétie, se sont mis a paniquer, à se calfeutrer chez eux sauf une jeune fille qui trouva son histoire invraisemblable. Elle n'y croyait
tellement pas qu'elle a entraîné les jeunes avec elle le jour J tout en haut de la montabne derrière laquelle le soleil se levait chaque matin et conclu l'arrangement suivant: dès que
les premiers rayons du soleil darderaient depuis l'autre versant , les jeunes feraient retentir les coups de fusil (vous savez bien qu'en Suisse chaque homme garde son fusil de l'armée chez
soi encore aujourd'hui - mais c'est en train de changer car trop de mort en ont été la cause, monde moderne oblige même ici - et ainsi les villageois sauraient que le
soleil s'est levé malgré la prophétie. Le soir J les jeunes partirent et le matin , ô merveille, le soleil s'est levé! et .... les villageois se sont précipités hors de leurs maisons
calfeutrées pour bénir le Seigneur. Et le vieux sage me demanderez-vous? Et bien on l'a trouvé mort dans son lit le matin-même.
Donc, ne vous prenez jamais pour le soleil d'une communauté
Les sapins du Jura suisse, vue sur le lac Léman, et les fromagers et leurs vaches décorées pour la rentrée aux étables.