Vendredi 7 décembre 2007
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Aujourd'hui c'est le jour de l'enterrement de mon fils après son suicide brutal, inattendu, éclair il y a maintenant 12 ans et ... l'anniversaire de ma fille qui est encore en clinique
après un mois... Donc un jour lourd, difficile à passer aussi sereinement que possible. Elle a reçu droit à une sortie de toute la journée et mon ex-mari et moi nous
partagerons la fête de son anniversaire en l'emmenant, séparément chacun au restaurants de son choix. Nous n'allons pas jouer à la famille réunie mais chacun doit assumer son rôle de père
et de mère auprès d'elle, séparemment comme c'est le cas depuis 1998 tout en communiquant lorsque cela s'avère nécessaire pour elle. Entre-deux elle passera son temps dans son appartement
car je travaille tout l'après-midi. Espérons que tout se passera bien.
Voici le poème que j'ai écrit le 5 de ce mois, jour où j'ai trouvé mon fils, gisant parterre dans son appartement, mort.Ccontrairement à ce que l'on peut penser, c'était une image de paix et l'on
ne voyait rien, pas de sang, rien et il était presque rose encore et absolument relax. Cela a dû être un soulagement pour lui.
Il a utilisé le fusil d'assaut que l'on garde chez soi ici en Suisse après avoir accompli son service militaire!!!! Un non-sens complet au jour d'aujourd'hui mais la tradition, le lobby militaire et des vendeurs d'armes....
J'avais écrit au Président de la Confédération pour le dénoncer et il m'a répondu immédiatement mais ce ne fut que déploré, enregistré et sans effet évidemment. Mais c'est toujours ça. Le débat
est ouvert aujourd'hui!!!
Bref, mon fils fut marqué par le feu à l'âge de 7 ans et demi lors d'une fête scolaire (grillade avec acool à brûler!! Jamais, jamais utiliser ça!!!!) et il
est disparu par le feu également. Les brulûres sont quelque chose de terrible et laissent des traces psychiques graves, ce que l'on ne savait pas à l'époque. Et depuis 1978 la médecine a fait des
progrès considérables car des brulûres à 35% du corps étaient fatales à l'époque (pour lui ce fut 30%) tandis que maintenant on est bien au-delà. Il choisit le moyen le plus sur, rapide, et
honorable. Il était un garçon rayonnant, souriant, toujours prêt à aider autrui, perfectionniste qui allait jusqu'au bout de ce qui l'intéressait, excellent étudiant à l'Université et en tout ce
qu'il entreprenait, sociable, sans problèmes apparents. Il est allé jusque là où il pouvait être comme il était et il est parti en emmenant son sourire, ses plaisanteries pointues et justes, son
caractère doux et pourtant décidé et débrouillard, travailleur et ce qu'il avait à l'intérieur qui ne pouvait s'exprimer et que j'ai tenté de comprendre par la suite à travers ses livres,
musiques, quelques écrits que j'ai découverts par la suite et toute sorte de recherches.
Mais surtout je lui ai fait confiance dès la première seconde que s'il avait pu faire autrement, il l'aurait fait et que si cela était arrivé, j'avais la force de le surmonter. Je l'ai donc
affronté avec les yeux ouverts, de plein fouet, sans médicaments et j'ai accepté de traverser la douleur et la souffrance tout en m'accrochant à la vie, à lui à partir d'un certain moment lorsque
mon ex-mari décida de se murer dans le silence et de faire semblant que rien n'était arrivé et, par la suite de, prendre un autre cheminun. C'est tout ce qui me restait, mon fils là-haut car ma
fille fut amenée dans sa famille grècque et je n'eus plus de nouvelles durant tout un an. Cela s'est mal terminé et ils durent la ramener en Suisse! J'avais l'obligation totale de m'en sortir
pour mon fils, ma fille et en dernier pour moi-même finalement et ma famille. C'est chose faite!!! Mais les jours des événements sont toujours et encore difficiles et le resteront car :
ENCRE INDELEBILE
Effacer, ... impossible!
Oblitérer, ...tout autant
J'ai beau frotter
L'encre est indélébile
Aucun produit même professionnel
Est efficace, ne l'efface
Inutile de le ventouser
C'est incrusté,
Chaque cellule de ma chair en est imprégné
Je l'ai digéré, absorbé
Ce deuil m'emmenant toujours à cet écueil
"Il n'est plus là, il n'est pas là
Ici-bas, il est parti là-bas
De son propre choix
Cette dernière page d'épouvante
Il l'a inscrite dans ma chair,
Il l'a écrite à l'encre indélébile
Je ne peux que la rendre invisible
Cette petite écriture précise et définitive
Mais je peux vous assurer qu'ils nous accompagnent, nos chers disparus pourvu que nous leur gardions une place dans nos
coeurs, une place reflétant l'innocence de l'amour parfait qui pardonne tout.