Mardi 1 août 2006
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11:18
Je poursuis avec l'évolution, l'état dans lequel on se trouve, je me suis trouvée, après le suicide brutal et subite de mon fils, illustré par une peinture car les mots me manquaient encore pour l'exprimer bienque j'avais déjà commencé à écrire à tort et à travers en essayant, en cherchant à répondre à toutes les questions ouvertes qu'un tel acte laisse à tous, à la culpabilité, à la souffrance, à ce vide et néant qui s'ouvre devant soi et qu'il n'y pas moyen de combler surtout quand les autres proches s'éloignent, se détournent.
Les mots sont trop pauvres parfois. Bien évidemment ce n'est qu'un enchaînement qui m'est propre et les étapes peuvent être tout à fait différentes pour une autre personne; mais il y a des étapes à moins de se replier sur le déni dès le départ.
Donc, suite à l'écartellement total dû à la souffrance qui m'assalliait après la première année de sauvetage grâce à l'anesthésie par l'amour porté à mon fils (sorte d'injection d'hormones correspondants de survie je suppose -
Le corps est une machine incroyable, capable de se sauver dans des situations des plus extrêmes jusqu'à la toute dernière minute avec des moyens toujours encore inexplorés -. vint la depression caraminée.
Elle fut évidemment agravée par les crises et les urgences dûes à la maladie de ma fille qui souffre toujours de schizophrénie auxquelles il fallait faire face et par la décision de mon ex-mari de vouloir divorcer, annoncée trois mois aprés le suicide et déjà programmée dans sa tête depuis le début des problèmes avec notre fille quatre ans plus tôt.
Ce fut donc, une période horriblement difficile et je n'en dirai pas plus. Il fallu tout simplement faire face, mobiliser toutes ses ressources jusqu'à la dernière goutte et au-delà même. Puiser et encore puiser dans des coins et recoins innatendus de soi-même la force nécessaire. Car tomber je ne devais pas; je le devais à mon fils de ne pas me laisser tomber dans cet abîme qu'illustre la peinture que voici.
DEPRESSION
Vous remarquerez sûrement que toutes les forces vitales de la personne, dépeintes par les couleurs vives, tombent dans un abîme sans fond aux parois horriblement raides. Celui qui y échoue n'y peut rien. C'est un état indépendant de sa volonté, il n'est ni paresseux, ni fénéant. Il ne peut tout simplement pas!! Je ne suis pas arrivée à ce stade-là car je me suis acrochée à mon fils là-haut, à son amour, à mon amour pour lui et j'ai eu confiance et foi. La foi que si cela était arrivé, je devais avoir la force, trouver la force en moi pour le surmonter en me débattant avec cette douleur, cette souffrance afin d'en sortir grandie, mûrie et changée.
Comme disent les chinois, le chaos est une occasion de changement, de renouveau.
Je ne voulais pas rester dans le marasme ni dans le ressassement ni dans un statut quo éternel. J'avais la certitude que cela devait servir à quelque chose d'utile et c'est ainsi que je le voyais, me le représentais.
Je le devais à mon fils ainsi qu'à la façon dont il était mort, de ne pas sombrer. C'était une obligation absolue!
Mais, avant tout ça il a fallu TENIR et encore TENIR et FAIRE FACE et SE BATTRE car le divorce fut horriblement vicieux et difficile ce qui n'était pas nécessaire puisque je finis par l'accepter , après avoir tout essayé pour rétablir la relation surtout pour notre fille, mais je le voulais juste d'après la loi et non une mise à mort financière. Ce fut une question de SURVIE !
Si vous avez des commentaires à me faire ou des questions à me poser, je vous répondrai avec attention et coeur.