Jeudi 3 août 2006
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Un poème sur le désespoir que l'on a aussi le droit de ressentir et qui de toute façon s'annonce sans crier gare. Je l'ai laisser vivre, lui aussi, sans le renier, en silence. Il s'atténue tout seul, s'estompe et, après, avec de la volonté, on reprend espoir, en se poussant un peu, en s'accrochant à la vie, telle quelle est. au travail, à ce que l'on sait faire. On fonctionne, un temps, au pilote automatique, on se met en veilleuse; les sentiments, les émotions se mettent au repos car ils furent trop mis à mal.
UN SOIR SANS ESPOIR
Ce soir je suis même sans espoirJe vois tout en noir
Et j'ai envie de m'enterrer dans un entonnoir
Ce soir je ne danserai plus sur le fil du rasoir
Et même toi tu es dans un noir
Je n'ai plus envie de bouger de mon triste terroir
Plus que ces trous noirs dans ma mémoire!
De faire des efforts j'en ai marre
Et j'ai envie de me laisser me noyer dans la mare
Ce soir je n'aperçpois plus l'espoir
Je plongerai dans le désespoir
Et je verrai ce que c'est que d'être sans espoir
Je ne me tiendrai plus droite d'espoir
Et ce soir je m'effondrerai dans ce trou noir
En me laissant choir
On verra si ressusciter est écrit dans mon livre d'histoire
Comment peut se sentir le suicidé? Je n'ose pas me l'imaginer mais, en tous les cas, il doit être au-delà d'être aidé pour le faire.
Il y a ce que les médecins appellent la
dépression masquée,
c'est-à-dire une dépression si profonde que la personne en souffrant fait tout pour la masquer, pour donner le change, parfois à travers un humour constant qui l'aide à survivre d'ailleurs, en bricolant énormément - moments de répis - en restant jusqu'à pas d'heure sur l'ordinateur - apaise-souffrance et détournement psychologique - ou en fonçant sur une moto pour échapper à son mal-être, par exemple. Ou, évidemment, en fumant des substances illicites ou en buvant trop, des pièges de plus malheureusement!!
Si la dépression advient jeune, l'adolescent, le pubère peut dans un premier temps penser que c'est ça devenir adulte comme ma fille croyait qu'entendre des voix dans sa tête était effectivement la capacité normale additionnelle du devenir adulte. Le jeune ne sait pas automatiquement que de se sentir si mal n'est pas "normal". Et il ne sait surtout pas comment le mettre en mot, l'exprimant par des actes détectables ou non mais de moins en moins apparents dans le cas d'une dépression masquée puisqu'il lutte contre, consciemment ou pas. Et voilà que la chose devient dramatique car
ON NE SAIT PAS que cet enfant si gentil, rigolo, bon élève, qui s'occuppe si bien, souffre en silence, est très mal dans sa peau et essaye par ses propres moyens d'aller mieux en pratiquant tout ce qui peut le soulager.
De nos jours on est mieux informés, ce n'est plus une honte d'aller chez un psy, mais dix ans en arrière on ne savait encore de rien ou de si peu et cela était très stigmatisant.