Dimanche 25 mars 2007
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22:11
Poème sur un moment nul, d'ennui, de frein durant lequel je piaffe dans mon boxe avant que la porte s'ouvre de l'écurie... et pourtant il faut patienter .... vous savez bien, vous les connaissez ces moments ou rien ne se passe, ou tout se tasse ...
AUCUN
Zéro, j'en suis au point zéro
Nul, c'est nul
ces jours bulle
Et pourtant j'y suis skotchée
à m'ennuyer ferme, vraiment ferme
malgré mes activités
C'est zéro ce début d'année
même la télé n'a aucun attrait
et je tire le trait
Ce sentiment de rien,
Ce sentiment qui n'en est un,
n'en est aucun,
occuppe la place du trop plein
Un vague rien squatte mon terrain
C'est comme un amant cet aucun,
un aimant ne m'aimant pas pour autant
Il faut attendre qu'il passe
qu'il se lasse, se tasse,
qu'il cède la place à un tout plein
De je ne sais quelle nature,
une autre aventure de toute autre nature
J'en suis
Ceci dit, j'ai lu hier un de mes poèmes, devant un publique choisi, au théâtre du Grütli à Genève à l'occasion de la Fête de la Musique dans le cadre de la semaine de la Francophonie. Ce fut une belle soirée - lectures de poèmes des poètes genevois et d'illustres écrivains comme Rimbaud, Verlaine, Cendrars, Prévert, accompagné d'extraits de harpe qui faisaient rêver. Le thème général était, effectivement Le Rève.
C'est fou combien chaque poète peut exprimer quelque chose de totalement différent tout en restant dans le sujet et ce fut intéressant de voir les diverses personnes en chair et en os. Il y avait la militante, très décidée et percutante, la femme "in" qui a rencontré l'amour et en est sur un nuage à perdre tous ses moyen, la mère éplorée éternellement, l'handicappée désirant juste un moment de bonheur, le jeune comme il faut en jeans et t-shirt qui écrit de la poésie, la jeune en tenue pantalon qui tombent par terre qui a dépeind son réveil d'une anesthésie, le monsieur d'âge mûr devant sa page blanche pour lequel écrire est un labeur, et le jeune rebelle qui ose venir à la dernière minute dire ses quatre vérités à toutes ces illustres têtes de réactionnaires de scribaillons et même la brave femme mariée qui écrit à ses heures des poèmes drôles et originaux, notamment sur la pomme de terre - ce fut mon préféré avec celui de Prévert bien sûr!